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Le maintien du salaire net en cas d’arrêt maladie : calculer avec méthodes !

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L’arrêt maladie d’un salarié impose souvent à l’employeur une obligation de maintenir le salaire. En fonction des dispositions de la convention collective, ce maintien s’effectuera sur la base du salaire brut ou du salaire net. Lorsque le salaire à maintenir est le salaire net, l’employeur doit choisir entre deux méthodes de calcul.

 

Pourquoi maintenir le net plutôt que le brut ?

Il s’agit d’éviter que le salarié ne gagne plus pendant son arrêt de travail qu’en période de pleine activité.

Le maintien du salaire brut, sous déduction des IJSS, a pour conséquence de permettre de bénéficier de l’exonération de cotisations de sécurité sociale (les IJSS en sont dispensées à l’exception de la CSG et de la CRDS) d’où une rémunération supérieure à celle d’activité.

Pour éviter cette situation, beaucoup de conventions collectives prévoient le maintien du salaire net, ce qui oblige à opérer une déduction supplémentaire sur le brut sécurité sociale pour supprimer le gain issu de l’exonération susvisée.

Si la convention ne précise pas expressément que le maintien porte sur le salaire brut, l’employeur peut ne maintenir que le salaire net.

 

Comment calculer le net à maintenir ?

La jurisprudence eut d’abord une interprétation littérale du maintien en net amenant à seulement chercher si le bénéficiaire ne percevait pas moins que la rémunération en activité, sans se soucier de l’économie de cotisations réalisée grâce au maintien du net.

Concrètement, il suffisait de procéder à des ajustements, en additionnant le salaire net et les IJSS nettes de CSG et de CRDS, afin que le salarié reçoive le même salaire net que son salaire habituel (méthode traditionnelle ).

Une solution jurisprudentielle plus stricte prend d’abord en compte les IJSS avant le précompte des cotisations sociales. L’employeur n’a alors pas à supporter la CSG et la CRDS prélevées sur les IJSS qui sont à la charge du salarié (méthode stricte).

Le choix est essentiel puisqu’en fonction de ce qui a été décidé, le montant de la garantie sur le net peut différer selon que l’employeur supporte ou non les contributions CSG et CRDS prélevées sur les IJSS et le salarié peut ne pas percevoir la même somme nette. L’obligation pour l’employeur étant de maintenir le salaire de façon à ce que la somme des IJSS brutes et du salaire net résiduel soit égale au net habituel.

 

Soit un cadre rémunéré 4 500 euros par mois en arrêt-maladie pendant 10 jours calendaires au cours du mois de juin 2018. L’employeur devant d’après la convention collective maintenir son salaire net sous déduction des IJSS.

 

L’employeur cotise à l’ARRCO et à l’AGIRC aux taux minima et le régime de prévoyance est représenté par l’assurance décès (voir les tableaux des taux de cotisations salariales).

 

Le plafond de la sécurité sociale s’élève à 3 311 euros par mois, les taux de cotisations sont ceux applicables en cours d’année.

 

Les taux de cotisations salariales sont de 21,98 % sur la tranche A (jusqu’au plafond de la sécurité sociale) et de 19,71 % sur la tranche B (au-dessus du plafond), ce qui donne un montant net mensuel de 3 537,63 euros.

 

Montant des IJSS

Le salarié étant en arrêt maladie pendant 10 jours perçoit un nombre d’IJSS de (10-3) = 7 comptes tenus du délai de carence de trois jours.

Sachant que le montant de l’IJSS est égal à la moitié du gain journalier de base et que celui-ci est égal à 1/91,25ᵉ du montant des 3 mois civils antérieurs à l’arrêt de travail (soit 4 500 pour mars, avril et mai 2018) dans la limite de 1,8 SMIC mensuel. En aucun cas, les IJSS ne peuvent être supérieures au 1/730ᵉ d’un plafond égal à 1,8 Smic brut annuel (soit 44,34 euros au 1er janvier 2018).

 

Dans notre exemple, le montant des IJSS versées par la CPAM en juin 2018 est égal à (44,34 × 7) 310,38 euros, les IJSS nettes s’élèvent donc à 310,38 – (310,38 × 6,7 %) = 289,58 euros.

 

Choix de la méthode

 

Méthode du salaire net traditionnel

Il s’agit d’abord de calculer le salaire brut résiduel assurant le maintien du net, ce qui permet ensuite d’évaluer le mont de la garantie sur le net en appliquant la formule suivante :

La garantie sur le net est donc égale au salaire brut habituel – SBR (résiduel) – IJSS brutes soit

 

4 500 – 4 139 – 310,38 = 50,62 €

 

Vérifications :

Salaire brut : 4 500

Déduction IJSS brutes : 310,38

Déduction garantie sur le net : 50,62 €

Total brut : 4 139 €

 

Méthode du salaire net strict

L’employeur laisse à la charge du salarié la CSG et la CRDS dues sur les IJSS en absence de dispositions conventionnelles ou d’usage contraires. C’est dans ce cas le total net résiduel + IJSS brutes qui est égal au net habituel.