Trente ans de perdus !

ANALYSE SUCCINTE DU RAPPORT MEADOWS
( RAPPORT DIT "DU CLUB DE ROME" - 1972 )*

La croissance exponentielle

Il faut 11 ans pour doubler un capital placé à 7%, et 35 ans pour le multiplier par 10: c'est ça la croissance exponentielle!

Un autre exemple est celui de la croissance exponentielle dans un domaine fini. Sachant qu'un nénuphar double sa surface tous les jours et qu'on suppose qu'il faudrait 30 jours pour couvrir intégralement un étang en étouffant toute autre forme de vie aquatique, si on veut limiter la croissance à la moitié de l'étang, pendant 29 jours on n'aura pas à s'occuper de cette croissance, mais ce jour là, il ne restera qu'une journée pour sauver l'étang.

Dans l'écosystème mondial, il existe deux boucles positives qui conduisent à la croissance exponentielle et le modèle mathématique utilisé par l'équipe Meadows fait donc intervenir principalement ces deux croissances:

1 - croissance de la production industrielle

2 - croissance de la population mondiale.

En 10000 BC nous étions 5 millions sur Terre, à l'époque du Christ 150 à 250 millions, 300 millions en 1350, 600 millions en 1700, 1 milliard vers 1830, 2 milliards en 1940, 4 milliards en 1975, 6.1 milliards en 2000, 6.5 milliards en 2004, il y en aura 8 milliards en 2020

En profitant de son bien être, l'homme moderne a proliféré comme les lapins et sa population n'a cessé de croître au détriment des autres espèces. La croissance de la population obéit à la relation suivante dont la solution est une courbe exponentielle : N = Noert (avec No, la population de départ / e, le logarithme népérien (2.71828...) / r, le taux de croissance naturel / t, l'intervalle de temps considéré.)

(pop)

Les boucles positives du système global conduisent à la croissance exponentielle de toutes les grandeurs mises en jeu, mais les trois boucles négatives (famine, pollution, épuisement des ressources) contribueront de toute façon à l'arrêt de la croissance exponentielle suivi d'un "effondrement"... car nous sommes sur une planète "finie"!

" L' effondrement " n'est pas nécessairement la fin de l'humanité, mais se traduit par la diminution brutale de la population et la dégradation des conditions de vie des survivants (baisse importante du produit industriel par tête, du quota alimentaire par tête, etc) jusqu'à de nouveaux équilibres.

Ensuite l'équipe Meadows analyse l'effet des boucles positives et négatives

(cdr1)

... et bien qu'il se défende de dater ses extrapolations, nous allons le faire

Voyons d'abord que devient le modèle global, avec maintien des tendances de 1970...

 

(cdr-31)

S'il y a maintien des tendances de 1970, on voit que:

- les quotas alimentaires et le produit industriel par tête commencent à s'effondrer vers les années 2005/2010
- la pollution continue à croître jusqu'en 2030 (effet retard) puis s'effondre ensuite

La cause initiale est l'effondrement rapide des ressources naturelles entre 2000 et 2050, mais étant donné la loi de l'offre et de la demande, la grande majorité des ressources naturelles non renouvelables les plus importantes atteindront rapidement des prix prohibitifs.
La population continue elle aussi à croître jusque vers 2050 (là aussi, effet retard) et l'effondrement intervient ensuite ...

Mais Meadows se dit qu'il a peut être sous estimé les ressources naturelles ; il multiplie donc les stocks par deux dans le modèle suivant

 

(cdr-32)

- le taux de mortalité grimpe rapidement sous l'action conjointe des polluants et du manque de nourriture.
- Les réserves, bien que doublées, s'épuisent rapidement simplement parce que quelques années supplémentaires suivant une loi exponentielles ont été suffisantes pour accélérer leur disparition.

Ici le rapporteur tire une première conclusion: si nous nous contentons de l'hypothèse selon laquelle rien ne sera changée à la politique actuelle (en 1972), l'avenir de notre monde sera caractérisé par une croissance exponentielle suivi d'un effondrement brutal.

L'augmentation du stock de ressources naturelles ne change rien à l'issue finale.

Cette fois c'est le niveau de pollution qui la cause essentielle de l'arrêt de la croissance vers 2030...

Meadows continue son analyse sous le titre "la technologie et les limites de l'expansion"

 

Il nous explique " supposons que les optimistes aient raison et que nous disposions de ressources naturelles illimitées "

(cdr-33)

Deux hypothèses sont introduites par l'utilisation de quantité illimitées d'énergie nucléaire qui permet:

1 - l'exploitation de réserves doubles de celles prévues initialement

2 - la mise en oeuvre de procédés de recyclage des ressources et de fabrication de produits de substitution

L'absence de toute contrainte d'approvisionnement en matières premières permet l'expansion de la production industrielle et agricole, ainsi que le développement des services, à un niveau légèrement supérieur à celui de la figure précédente (32), avant que la chute ne soit amorcée.

On voit qu'ici, c'est la pollution qui enraye la croissance.
Malgré des ressources naturelles et l'énergie illimitées, l'arrêt de la croissance intervient également vers 2030 et le système s'effondre.

A "supposons que les optimistes aient raison et que nous disposions de ressources naturelles illimitées", Meadows ajoute l'hypothèse du contrôle de la pollution tout en précisant "nous ne la croyons pas politiquement possible en l'état actuel de nos institution"... 35 ans après, il est vrai qu'il n'y a guère de changement.

 

(cdr-35)

Une hypothèse supplémentaire est introduite à partir de 1975. Il s'agit de réduire au quart de la valeur atteinte en 1970 la pollution par unité produite (industriel et agricole)

Une telle politique de contrôle de la pollution serait efficace en ce sens qu'elle permet d'éviter la crise due à la pollution et illustrée dans les graphiques précédents

- la population et le produit industriel par tête augmentent au-delà du maximum précédent et ni les réserves de matière première, ni la pollution ne posent problème.

L'effondrement est le fait du manque de nourriture du fait des limites des superficies cultivables. A partir de ce seuil le quota alimentaire décline et la production industrielle diminue car une part de plus en plus importante du capital global doit être consacrée à la production alimentaire. Néanmoins l'effondrement apparaît beaucoup plus tard, après 2050

Pour éviter la crise alimentaire de la figure 35, Meadows formule deux hypothèses de travail:

 

hypothèse 1 - on double le rendement moyen des terre à partir de 1975

(cdr-36)

La combinaison de cette mesure et des deux précédentes ( quantité illimitée d'énergie et réduction drastique de la pollution) fait disparaître tellement de contraintes que la population et la production industrielle atteignent des niveaux très élevés.

Bien que le taux de pollution par unité de produit industriel reste très bas, l'ampleur même de la production (multiplicateur de 8) engendre un niveau de pollution catastrophique qui provoque l'effondrement du système plus tôt que dans l'hypothèse précédente, c'est-à-dire vers 2030.


hypothèse 2 - on tente de mettre en oeuvre une politique plus efficace de régulation VOLONTAIRE des naissances

(cdr-37)

Plutôt que de recourir à un accroissement de la production de denrées alimentaires on tente de mettre en oeuvre une politique plus efficace de régulation VOLONTAIRE des naissances. Celle ci restant volontaire (elle ne fait qu'éviter les enfants non désirés) la population continue néanmoins à croître (plus lentement) bien qu'il y ait une baisse sensible de la natalité.

La crise alimentaire n'intervient cette fois qu'une vingtaine d'années plus tard, et l'effondrement du système intervient vers 2050

Cette fois, l'hypothèse Meadows est qu'il y a volonté politique et régulation PARFAITE des naissances

 

(cdr-38)

Rappellons que dans cette hypothèse, nous avons toujours, depuis 1975:
- les ressources sont exploitées pleinement et recyclées à 75%
- la pollution est réduite à 25% de celle de 1970
- les rendements par hectare de toutes les terres cultivables ont été doublés
- la population est parfaitement stabilisée aux alentours de 6 milliards par la mise en oeuvre mondiale, à partir de 1975, d'une régulation parfaite des naissances.

Le niveau de vie moyen de la population atteint progressivement celui des USA de 1970 (empreinte écologique d'environ 2,5, c'est-à-dire environ la moitié de l'actuelle).

La crise est cette fois causée par l'érosion des terres ( et donc la famine), une sérieuse brèche dans les réserves des ressources naturelles, et un accroissement de la pollution, ultime déterminant induisant une augmentation de la mortalité par diminution des denrées alimentaires. La crise intervient vers 2040.

La question

 

La question est: " est-il préférable de tenter de vivre en deçà de la limite en acceptant un frein à la croissance ou bien doit-on poursuivre cette croissance jusqu'à ce qu'une nouvelle limite soit en vue avec l'espoir qu'un nouveau bond technologique permette alors de sauter ce nouvel obstacle? "

La conclusion générale de Meadows, compte tenu des simulations qui précède, est que, si le système actuel n'est pas modifié ou si nous n'apportons que des solutions purement techniques aux problèmes qui se posent, le comportement fondamental de l'écosystème mondial est défini par une croissance exponentielle de la population et des investissements, suivi d'un effondrement.

Meadows estime avoir démontré que les espoirs des fervents de la technologie reposent sur leur croyance en des capacités à faire disparaître les limites à la croissance démographique et économique.

Dis autrement, les tentatives pour résoudre par la technologie des problèmes tels que l'épuisement des ressources, la pollution ou la pénurie alimentaire n'ont aucune incidence sur l'essence même du problème: la croissance exponentielle dans un système complexe et fermé.

Mais comment obtenir l'équilibre global?

 

Pour les hypothèses qui suivent, Meadows repart du modèle global de la fig 31.

Il envisage d'abord que la population mondiale est stabilisée au 4 milliards d'habitants de 1975, par une égalité des taux de mortalité et de natalité, les autres éléments restants identiques à ceux du "comportement du modèle global"

(cdr-39)

Les hypothèses retenues ici sont celles de la figure 31 sauf une: à partir de 1975 la population est stabilisée à 4 milliards.

La boucle positive du système population-capital reste libre de toute contrainte et entraîne la croissance du capital industriel

Ceci entraîne une croissance exponentielle par tête du produit industriel, de l'alimentation et des services. C'est l'épuisement des ressources naturelles qui provoquera un effondrement brutal de l'industrie, et donc du "niveau de vie", vers 2030

... stabiliser uniquement la population ne suffit donc pas à empêcher l'effondrement;
il faut rajouter une stabilisation de l'accroissement exponentiel de la production

 

(cdr-40)

Dans ce modèle, la politique de stabilisation de la population est maintenue dès 1975 à 4 milliards comme dans l'hypothèse de la fig 39, mais en plus le capital productif est stabilisé en 1985

La croissance exponentielle est néanmoins stoppée mais après une période relativement stable on voit apparaître un épuisement rapide des ressources naturelles qui a pour conséquence une diminution de la production industrielle, car aucune décision relative au recyclage des ressources naturelles n'a été prise.

Au fur et à mesure de l'épuisement des ressources la production décroît. Bien que le capital soit maintenu à un niveau constant, son rendement baisse puisque une fraction de plus en plus grande doit être consacré à l'obtention de nouvelles ressources plutôt à la production de biens d'équipement ou de consommation.

Néanmoins, le "crash" est reporté beaucoup plus tard...


A ce stade de son étude, l'équipe Meadows pose la question "quelles hypothèses devons-nous formuler pour obtenir simultanément un niveau de vie décent et une stabilité plus grande que dans le cas précédent de la figure 40?"

 

La réponse consiste à combiner les changements de technologie avec des changements de valeur, afin de réduire les tendances à la croissance à l'intérieur du système.

Il propose deux modèles stabilisés: regardons le premier, c'est suffisant...:

(cdr-41)

Dans ce modèle on trouve, stabilisé sur le long terme:
- la population de 4 milliards,
- le recyclage des ressources naturelles,
- la diminution de la pollution à des valeurs inférieures au quart celles de 1970,
- les investissements aux valeurs estimées probables en 1990 (après une croissance "naturelle"), équivalents à 3 fois la moyenne mondiale de 1970
- une réduction de 75% des consommations de matières premières
- l'accroissement de la durée de vie de toutes les formes de capital (durabilité des productions)
- la reconstitution des sols
- le choix "politique" d'augmenter la production alimentaire et les services, au détriment de la production industrielle, sans tenir spécialement compte de la "rentabilité"

La ration alimentaire est le double de celle de 1970, l'espérance de vie dans le monde est proche de 70 ans, les services atteignent 3 fois le niveau de cette époque, le revenu total moyen par tête est de l'ordre de 1800 dollars (dollars de 1970), soit environ le revenu moyen européen de 1970

Dans le modèle précédent la mise en application des mesures est prévue dès 1975 ... mais que se passerait-il si cette application était reportée en l'an 2000, se demande Meadows ?

 

(cdr-43)

Pendant les 25 ans d'hésitation, entre 1975 et 2000, l'humanité a consommé l'équivalent de 125 ans en ressources naturelles, et plus de 2 milliards d'individus supplémentaires frappent à la porte de la consommation.

Le niveau de population et du capital industriel atteignent des valeurs suffisamment élevées pour entraîner, avant 2100, une pénurie de nourriture et de ressources naturelles .

L'état d'équilibre ne peut être maintenu si la population n'est pas volontairement réduite...



En conclusion de cette première partie ...

 

Outre des mesures drastiques dans le système de consommation, l'état d'équilibre ne peut être maintenu si la population n'est pas volontairement réduite!

Sachant que l'empreinte écologique** de l'étatunien moyen est de plus de 5 (il faudrait 5 Terres pour que toute la population mondiale puisse vivre comme lui) et de 3,5 pour l'européen moyen, si l'on veut permettre l'accès égalitaire à chaque terrien d'un niveau de vie - toutes choses restant égales par ailleurs - de seulement moitié de celui de la moyenne du monde occidental, le notre actuel, il faudrait que la population terrestre soit réduite à 4 milliards. Ce qui ne résoudra pas de toute façon les autres problèmes, les autres impasses.

Dans l'hypothèse de pénurie, de toute façon les prix augmentent par la simple application de la loi de l'offre et de la demande. Les écarts de "confort" entre population pauvre et population riche ne peuvent que se creuser. De plus, ce que Meadows n'a pas pris en compte, c'est le risque d'une guerre mondiale : puisque les hommes n'ont pas voulu réguler d'eux même leur population, l'une des grandes puissances, trouvant insupportable de devoir partager, pourrait bien "prendre les devants". A ce sujet il est intéressant de lire ces extraits d'un article de Courrier International ( n 737 - 16 déc. 2004), article qui ne représente pas nécessairement l'avis du gouvernement Chinois, mais allons savoir?...

.../...

Il existe des entraves réelles à la croissance économique chinoise, qui sont d’ordre externe et non interne.  L’an dernier, la Chine a consommé 30 % du pétrole extrait, 30 % de l’acier, 40 % du ciment et 25 % des investissements directs mondiaux.  La hausse générale du prix des produits de base a sans aucun doute été tirée par la demande chinoise liée à la forte croissance du pays. Et ce n’est qu'un début ! Prenons l’exemple de l’acier : l’an dernier, les importations de la Chine en minerai de fer s’élevaient déjà à 150 millions de tonnes (30 % de l’ensemble des exportations mondiales), ce qui avait provoqué un envol des cours, qui avaient plus que doublé.  Si l'on considère qu'en 2030 la Chine comptera 1,6 milliards d’individus et que le PIB moyen par habitant s’élèvera à 5 000 dollars, elle utilisera chaque année plus de 300 millions de tonnes d’acier et sa consommation en minerai de fer dépassera les 600 millions de tonnes, soit davantage que les quantités disponibles actuellement sur le marché mondial. 

La situation est encore plus grave en ce qui concerne le pétrole et les céréales. [...]. La consommation de pétrole par habitant dépasse 1 tonne dans les pays industrialisés. Si la Chine, avec ses 1,6 milliard d'habitants, rejoignait leurs rangs, il lui faudrait donc 1,6 milliard de tonnes de pétrole, mais elle ne peut espérer produire elle-même au mieux que 200 millions de tonnes, en raison de ressources limitées. Autrement dit, il lui faudra importer 1,4 milliard de tonnes de pétrole, soit plus de 60 % des ressources disponibles. Pour les autres pays, il restera à peine 900 millions de tonnes, alors qu'aujourd'hui les importations pétrolières des Etats-Unis, du Japon et des pays européens dépassent déjà les 1,2 milliard de tonnes La Chine pourra-t-elle vraiment obtenir de quoi satisfaire ses besoins ?

Quand le monde entier prendra conscience des bouleversements que la demande chinoise devrait à terme entraîner en matière d’offre et de demande de produits primaires sur le marché international, des limitations aux importations chinoises de matières premières apparaîtront inévitablement.  A mon sens, la Chine ne pourra poursuivre son développement économique sans subir d’importantes restrictions au niveau mondial que jusqu’en 2010, dans le meilleur des cas. Il lui reste donc cinq à six ans. Si, durant ce laps de temps, la Chine s’impose des contraintes pour freiner sa croissance économique,  elle risque de passer à côté dune phase stratégique offrant de précieuses opportunités.

[...] les Etats-Unis [ ...] ont tracé entre les zones pétrolifères du Moyen-Orient et de l’Asie centrale une courbe orientée vers lest. Ainsi, en cas de conflit avec l’Union européenne, ils peuvent pousser le Japon et la Chine dans leur camp grâce aux intérêts pétroliers. En effet, faute de se montrer dociles,  ces deux derniers pays risquent de voir leur économie sombrer dans le marasme par manque de pétrole à court ou à moyen terme. Or, si jamais les Etats-Unis, la France, l’Allemagne ou la Russie cherchaient à utiliser leur puissance militaire pour affirmer leur position de leader de la planète, il est très difficile d’affirmer que l’approvisionnement mondial en pétrole, en acier et en céréales ne serait pas perturbé.  Aussi la Chine doit-elle d’ores et déjà élaborer une parade aux possibles soubresauts qui risquent de secouer l’économie mondiale. 

Le développement pacifique du monde a un avenir limité

Dans l’état actuel des choses, la stratégie américaine de contrôle des principales sources d’approvisionnement en pétrole de la planète n’est pas encore achevée.  Sans doute faudra-t-il encore deux ou trois ans. Une fois cette emprise établie, il est probable quelle fera l’objet d'un jeu d'influence entre les Etats-Unis et l'Union européenne. Le développement pacifique du monde na donc peut-être que cinq ans devant lui. 

C'est pourquoi nous ne pouvons pas considérer que permettre à l’économie chinoise de faire une pause est indifférent. Ni qu'une fois les ajustements économiques effectués il sera encore possible de se développer dans un environnement mondial paisible et de se procurer pacifiquement comme auparavant les matières premières nécessaires sur le marché mondial. La Chine en est déjà arrivée au point o toute nouvelle augmentation de 1 % de sa croissance repose sur des ressources énergétiques étrangères. Toute diminution significative des sources d'énergie, voire leur interruption complète au cours d'une période donnée, se traduirait forcément par un arrêt de la croissance chinoise.

[... ] la Chine fait désormais partie des grands de la planète. Elle doit de ce fait aborder toute chose sous l'angle international et ne peut pas réfléchir à ses problèmes à huis clos. Elle ne doit pas s'imposer des contraintes  pour freiner sa forte croissance actuelle, mais bien mettre à profit les possibilités exceptionnelles de développement pacifique que lui offrent les quelques années à venir afin d'accélérer encore son rythme de croissance. Face à un monde qui s'annonce de plus en plus chaotique, toute montée en puissance de la Chine est un gage de sécurité pour elle.

Wang Jian - Membre de la Société de macroéconomie de Chine.


EST CE A DIRE QUE TOUT ESPOIR EST PERDU ?

L'espoir existe, mais il est ténu., et le temps nous est compté, c'est ce que nous verrons dans la seconde partie de cet article, en préparation. Mais souvenons-nous de ce qu'écrit Nicolas Hulot dans " Le syndrome du Titanic " ( Chez Calman-Levy ISBN 2-7021-3418-1): " Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu’aux immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même voyage et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l’iceberg approche et que le bateau devrait dévier de son cap, l’orchestre continue de jouer, les passagers de se distraire, et l’équipage de passer de groupe en groupe afin de rassurer tout le monde "

A-J Holbecq, le 8 janvier 2005


NOTES:

(*) Les tableaux et les citations sont extraits de la seconde partie "Rapport Meadows", paru en anglais sous le titre "THE LIMITS TO GROWTH", du livre "Halte à la croissance ?" ( Ecologie - Fayard - 2 T 1972)

(**) L'empreinte écologique est une mesure de la pression qu'exerce l'homme sur la nature. C'est un outil qui évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d'absorption de déchets. A l'échelle d'une personne, l'empreinte écologique est une estimation de la superficie nécessaire pour répondre à l'ensemble de vos besoins en ressources naturelles. Cette mesure est exprimée en nombre de planètes, chaque planète représentant la capacité biologique productive totale de la Terre en une année.