Editorial 11 - Jacques Hallard - 26 juin
2005
Comment en est-on arrivé là ?
Voilà : tout est dit
là et répété une fois de plus par quelques-uns de nos
correspondants.
Entendez-vous les appels de tous les bords politiques (y compris ceux du
PS qui n'ont vraiment rien compris !) pour "relancer la machine économique",
"faire plus de croissance", et à§a vient de sortir chez "ceux d'en face"
: "travaillez plus, pour amasser plus, pour consommer davantage", en un
mot finalement : pour gaspiller davantage et polluer encore plus ? Il y
a bien encore quelques "attardés" pour se rappeler de René
Dumont et consorts (Rapport du "Club de Rome") dans les années soixante,
déjà si loin, et de leurs formules : "L'Afrique noire est mal partie",
"L'Afrique étranglée" (1980), "Un monde intolérable",
"Le libéralisme en question" (1988) et puis encore ce slogan
pour la campagne des élections présidentielles au milieu des
années soixante-dix : "Pour un monde écologique, tiers-mondiste
et pacifique". "Quel pessimiste et quel utopiste !", criait-on déjà ,
à propos de René Dumont, chez les bien-pensants et autres bien-lotis
de cette époque ! "Trente ans de perdus" faisait remarquer l'un d'entre-nous
récemment avec amertume !
Trois
crises pétrolières majeures, la catastrophe de Tchernobyl, et les pollutions
sans cesse croissantes des nos rivières, de nos nappes souterraines, de notre
atmosphère, de nos sols cultivés ... n'ont pas fait beaucoup avancer les choses
entre temps. Une question que je me pose souvent : pourquoi tous ces politicards
(excusez ce raccourci, chers politiciens, mais je l'entends souvent ainsi) de
tous horizons, vraiment de tous horizons, depuis des décennies, ne veulent-ils
pas regarder le monde réel, tel qu'il est et qui s'offre à eux ? Ravagé par le
fric facile, les affaires douteuses, les mafias florissantes et la corruption
trop flagrante qui est placée au rang de l'habilité suprême chez tous ces
malfrats ... chez certains élus de la République et dont certains se font
réélire, quelquefois avec entrain et enthousiame par leurs électeurs sourds et
aveugles. Constatons simplement que tous ces personnages de la "classe
politique" , ("une classe d'éléments en difficulté", comme dit une enseignante
du voisinnage) d'une manière générale, ne sont plus du tout crédibles auprès
d'une trop grande majorité de nos contemporains. Alors qu'il doit bien en
exister quelques uns et quelques unes qui sont sincères, compétents(s) et
courageux(ses).
Des sociologues ou autres philosophes nous expliqueront
peut-être un jour, comment des populations entières, par de très puissants et
sots médias interposés, continuent d'être programmées, anésthésiées, formatées,
trompées, manipulées et que des forces vives contestataires, des opposants ou
des dissidents convaincus ont tant de mal à se faire entendre et à se faire
comprendre. Pourtant, à l'occasion d'exposés devant quelques dizaines
d'auditeurs, souvent déjà convertis à ces constats et et aux mesures
envisageables et indispensables, il faut en convenir, des propos écologiques
passent très bien, mais ils restent trop souvent sans lendemain, et surtout avec
trop peu d'engagement de la part des auditeurs à l'issue. Une prise de
conscience s'est faite là , certaines fois, mais l'action de suit pas.
Et
si c'était tout simplement parce qu'il y manque une vision du monde, globale,
claire, simplement explicitée et exprimée par des êtres sincères et
convaincants, parce que convaincus, pour proposer un monde et des rapports
interpersonnels tels qu'ils pourraient être construits et vécus, pas à pas,
parfois dans l'effort besogneux à déployer pour comprendre et avec le courage et
l'audace de s'associer pour imaginer des alternatives et pour entreprendre
ensemble, dans un cadre solidaire, en vue d'un partage plus juste, non seulement
des biens matériels indispensables, mais vraiment indispensables, mais aussi des
services de toute nature dans le sens du bien commun, et non pas captés et
détournés par un trop petit nombre de nantis, et également des valeurs
culturelles et sprirituelles qui fondent une société et donnent sens à notre
humanitude. "Encore un doux rêveur" ! "Encore un utopiste" ! Combien de fois
ai-je entendu ces jugements. Je me console en constatant que je ne suis plus si
isolé que à§a ! Vous avez lu mon récent TOP 5 ? Je vous le refourgue à la fin et
vous pourrez y revenir si vous ne l'avez pas découvert ! Et, pour terminer deux
propos d'actualité :
- Transport et pollution atmosphérique. Avez-vous
entendu cette alarme en plusieurs régions en raison de pics de pollutions
insoutenables : "Oui, c'est la canicule. Alors roulez moins vite et ne sortez
pas de chez vous en milieu de journée !!!". Alors, stoppez tout, pauvres
humains, et terrez-vous entre vos murs en attendant le rafraà®chissement automnal
! Quelle perspective ! Sans oublier que d'autres pollutions gigantesques de
l'air affectent gravement la santé des populations dans certaines villes
industrielles de la grande Chine , dans des villes de plusieurs millions
d'habitants, déclarées populairement "les cités des cancers".
- Qualité
de l'eau : "L'eau devient rare, l'été n'est pas fini, ménagez-la; ne lavez plus
vos bagnoles et n'arrosez plus votre gazon", martèle-t-on dans certains
départements. Pendant ce temps on s'active autour de "grands prix automobiles"
autour de pistes conà§ues pour cela et les "greens" de nos splendides terrains de
golf continuent de recevoir leurs aspersions programmées pour tenir dompte de
l'évapotranspiration de nos chaudes journées ... et nuits d'un été un peu
précoce. Sans oublier que 1,1 milliard de Terriens, dont 400 millions d'enfants,
sont privés de cette eau d'une qualité si vitale.
Et puis encore : "L'eau de
votre réseau est devenue imprope à la consommation pour les bébés, les femmes
enceintes, les vieillards, les malades (j'ai envie d'ajouter "Et ceux qui vont
le devenir"). Voilà déjà trois décennies que l'on entend ces discours officiels
dans notre bel hexagone.
- .L'eau et l'air, même constat : composants
essentiels de notre biosphère, notre monde qui est en péril.
Comment en
est-on arrivé là ? Malgré toutes les mises en garde antérieures, les enquêtes
officielles, rapports parlementaires, autres états des lieux et travaux des
agences spécialisées, tous très objectifs et tout à fait alarmants, et tous ces
projets de lois, longuement discutés et jamais mis en place, ni appliqués ?
Quelle là˘cheté chez tous ces politicards (pardon, politiciens) en quête de leur
élection ou de leur réélection ! Electeurs, électrices, consommateurs,
consommatrices, citoyens, citoyennes, ayons-les à l'oeil ! Engageons-nous
quelque part et pour quelque chose qui va dans le sens "du bien commun" : il y a
urgence à le faire et n'attendons rien "du ciel", pas de "Inch Allah !" en la
matière. L'avenir sera ce que nos comtemporains auront décidé d'en faire. Pester
contre les gouvernants du moment soulage un bon coup, le "bouc émissaire" a
toujours sont cà´té salutaire. Mais il n'esxiste de solutions que globales,
honnêtement expliquées et solidairement partagées. Mais il nous faudra pour
cela, probablement aussi "changer de paradigme". Ceci est une autre histoire.
"Vaste programme" ; raison de plus pour s'y engager avec raison et
détermination.
Bonne journée quand même, et bel été à suivre.... Les
abricots du jardin sont un délice et les brugnons vont suivre très vite à cause
de la canicule. Les premières pommes "De juillet" font d'excellentes compotes.
Les figues précoces passent en confiture ; et puis haricots et courgettes sont à
ramasser ... à la brouette, pratiquement chaque matin
Je pars surveiller mon
goutte-à -goutte !
Jacques Hallard.
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TOP 5
de JH du 22 juin 2005 :1. Jean-Louis
? Gaby de
"Solaire 2000" :
http://perso.wanadoo.fr/solaire2000/index1.htm2. Eric
Souffleux et "Générations Futures" :
http://www.generationsfutures.net/idx_auteur.htm3.
Corinne Lepage et l'organisation, à visée plus politique, CAP 21 :et le
site
http://www.cap21.net/4. AJ. Holbecq "pour un monde
sociétal" :
et en particulier ceci sur son site :
http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=Popullulation5.
Et dans un autre registre, mais tout aussi fréquentable, L 'EUROPE
des
CONSCIENCES, notamment à travers sa Charte :
http://www.europe-des-consciences.org/frames.htmlJ'en
profite encore pour féliciter et encourager les personnes citées ci-dessus qui
"dérangent vraiment notre monde"
Bons échanges. Bon travail et bel
été.
Bien à vous
Jacques Hallard.
Blair pousse l'UE à se réformer pour affronter la Chine
et l'Inde
Le Premier ministre britannique Tony Blair a mis l'Europe en
garde jeudi contre le risque d'"un échec stratégique à grande échelle" si elle
échoue à se réformer et s'adapter à la mondialisation face à l'émergence de
puissances économiques comme la Chine et l'Inde.Exposant sa vision de
l'UE, à l'aube de la présidence britannique qui débute le 1er juillet, Tony
Blair a dit soutenir "une Europe sociale" mais estimé qu'en l'état actuel et
sans réformes le modèle européen était mal adapté aux exigences du 21e
siècle."Les Etats- Unis sont la seule superpuissance mondiale. Mais
la Chine et l'Inde, dans quelques décennies, seront les deux plus importantes
économies dans le monde, chacune d'elles avec une population triple de celle de
l'UE", a déclaré Tony Blair dans un discours devant le Parlement européen à
Bruxelles."Si l'Europe cède à l'euroscepticisme, ou si les nations
européennes, confrontées à cet immense défi, décident de se réfugier ensemble en
espérant que nous puissions éviter la mondialisation (...), alors nous risquons
l'échec. Un échec stratégique à grande échelle", a-t-il averti.Plus
globalement, pour Blair, il s'agit d'inciter ses homologues notamment franà§ais
Jacques Chirac et allemand Gerhard Schrà¶der à épouser la cause des réformes
d'inspiration libérales, seules à même, selon lui, d'assurer que l'Europe pourra
se montrer compétitive."Il est temps pour nous d'affronter la
réalité, d'entendre le signal d'alarme", a-t-il affirmé."Le but de
notre modèle social devrait être de renforcer notre capacité à être compétitifs,
d'aider les gens à faire face à la mondialisation (...) Bien sà»r nous avons
besoin d'une Europe sociale, mais ce doit être une Europe sociale qui
fonctionne", a fait valoir M. Blair."Ce n'est pas seulement la Chine
et l'Inde. Prenez des pays comme le Vietnam ou la ThaàŻlande aujourd'hui: ils
opèrent des changements étonnants et dramatiques dans leurs économies", a-t-il
encore dit.Vous n'en avez pas assez de cette mondialisation
économique et commerciale ?Oui évidemment pour la mondialisation des
idées, des communications entre humains. Non pour cette mondialisation au "moins
disant", cette mondialisation qui ne peut que tous nous " tirer vers le bas",
cette mondialisation des échanges inutiles, juste "pour le prix", sans s'occuper
des effets induits, particulièrement ceux dues aux transports...( plus de 4,5
millions de camions par an au péage de Vienne, sur l'autoroute du sud
!)
Quand deux pays se retrouvent en concurrence avec l'un dont l'heure de
main d'œuvre est le 1/10° de l'autre, que croyez vous donc qu'il puisse se
passer ?
Je ne vais pas m'étendre dans cet éditorial, nous avons sur ce site
tous les articles nécessaire pour amener à la réflexion y compris des
propositions comme sur
"Nouvelle
OMC"Car: la force de l'ultra-libéralisme a été d'être propagé et même
imposé par les nations dominantes les plus puissantes pour justifier et
moraliser leur suprématie.
Ce credo libre-échangiste repose d'ailleurs sur
une base scientifique quasiment nulle. Il s'appuie sur :
- une contre-vérité
: le règne d'une concurrence pure et parfaite,
- une erreur technique majeure
: la monnaie n'est pas un simple voile, élément neutre de la théorie de
l'équilibre général (loi de l'offre et de la demande),
- une situation
historique périmée : la théorie de Ricardo sur les « avantages comparatifs »
supposait la non-circulation du capital entre les pays
- nombre de postulats
infirmés par la réalité (« le libre échange permet de créer des emplois !
»).
Voulons nous la concurrence, la compétition, ou la COOPERATION
entre humains et entre peuples?... et pour son numéro 764 du 23
juin, "Courrier International" titre " Pétrole: 2006, le début de la
fin..."
Laissez-moi vous raconter cette petite histoire, extraite d'un document
interne du SNPL (Syndicat National des Pilotes de Ligne)
VUELING AIRLINES - Espagne - début 2005
Dans une
salle d'un immeuble de Barcelone, une quarantaine de candidats venus de toute
l'Europe, pilotes qualifiés d'Airbus 320, ont répondu à une offre d'emploi de
pilotes pour une nouvelle compagnie "low coast"
Entre une jeune femme qui
après un bref salut, se dirige vers un tableau pour y inscrire les conditions de
travail: 5000 euros nets, cotisations sociales, assurance perte de licence,
cotisations retraite, défraiements d'escale.
" Que ceux qui acceptent ce
contrat de travail lèvent la main" annonce la femme qui se retourne et constate
que toutes les mains sont levées.
Elle efface alors " assurance perte de
licence" puis réitère sa question…
Un pilote ne lève pas la main. "Vous
pouvez sortir, merci d'être venu"
Elle retire ensuite " cotisations
retraite"
Le processus se poursuit jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le
salaire net sur le tableau, devant les yeux de la trentaine de candidats
restants.
Le salaire proposé diminue ensuite régulièrement, et
finalement seuls treize pilotes restent en lice: ils sont embauchés
sur A 320 pour 1800 euros nets par mois.
''Imaginez
les conséquences sur la qualité de vie des pilotes, les pouvoirs d'achats, les
caisses de retraites !…
Ce qui s'applique à ces pilotes s'applique maintenant
à de nombreuses professions. Et bientà´t les médecins, les infirmières, les
professeurs , VOUS …?
Non, vraiment, cette Europe libérale est
mortifère... lisez donc un peu plus bas l'éditorial 7 ...''
Des bonnes réponses aux mauvaises questions
Depuis toujours, le
politique l'affirme: gouverner, c'est prévoir! Hors, prévoir, à son tour, impose
de se poser des questions, puis de trouver les réponses à ces questions, et
enfin d'appliquer les réponses pertinentes aux questions. Mais encore
faudrait-il que les questions elles-même soient pertinentes, car il est certains
qu'à poser les mauvaises questions, on n'obtient que de mauvaises
réponses.
Depuis longtemps, nos hommes politiques semblent abonnés aux
mauvaises questions, ce qui, bien qu'ils y apportent les bonnes réponses, ne
peut guère nous mener bien loin.
Des exemples? En voici, avec à chaque
fois, dans l'ordre, la mauvaise question, la bonne réponse à la mauvaise
question, et ce qui pourrait être la bonne question. A nous d'y donner la bonne
réponse!
-Comment sortir de la crise de l'énergie? En en produisant plus,
et particulièrement du nucléaire. Mais la bonne question, c'est "Comment réduire
nos besoins en énergie, de faà§on à pouvoir en produire un maximum avec du
renouvelable?"
-Comment réduire la pollution automobile? En développant
des véhicules propres. Mais la bonne question c'est "Comment rendre la voiture
individuelle inutile, et comment réduire le besoin de transport des
marchandises, en particulier par camion?"
- Comment réduire la menace
terroriste? En abattant, par la force et donc la guerre, les gouvernements
soupà§onnés de collusion avec le terrorisme. Mais la bonne question, c'est
"Comment donner aux peuples les conditions de vie compatibles avec le respect
mutuel et la paix?"
-Comment réduire la criminalité organisée, et
particulièrement le trafic de drogue? En luttant pied à pied contre les
traficants. Mais la bonne question, c'est "Comment donner à tous les paumés de
nos villes des conditions de vie qui ne nécessitent plus l'usage de la
drogue?"
-Comment réduire l'immigration clandestine? En imposant des
contrà´les stricts aux frontières, et en refoulant tous les clandés qui sont
attrapés, dans un cadre de coopération renforcée des Etats trouvant les clandés
sur leurs sol. Mais la bonne question, c'est "Comment donner à ces gens la
possibilité de vivre chez eux, en paix et en dignité?"
-Comment relancer
la croissance? En relanà§ant la consommation, ce qui implique de favoriser les
faibles coà»ts de production (baisse des salaires, délocalisations) et la
concurrence, en incitant à "désépargner", en favorisant le crédit, et,
accessoirement, en fabricant de faux besoins par le marketing (publicité). Mais
la bonne question, c'est "Comment faire vivre heureux 6,5 milliard de personnes
dans une société d'abondance?"
-Comment rendre l'Europe plus forte? En
élargissant toujours plus ses frontières, et en encadrant son fonctionnement par
une constitution. Mais la bonne question c'est "Quel est le projet politique de
l'Europe?"
Etc, etc. Après cela, il devient évident que critiquer les
réponses des différents partis au pouvoir ne portera rien de plus, car de fait,
le problème aujourd'hui, ce sont les questions. Et si vous continuer à faire
confiance à des gens qui se trompent avec insistance de question depuis des
décennies, et bien, allez donc voter "Oui" le 29 mai prochain! Dans le cas
contraire, votez "Non", c'est plus sà»r.
Vous l'avez voulu ? .. vous l'avez!
Depuis le premier janvier 2005,
date de levée des quotas d'importation du textile avec la Chine, voulu par le
commissaire européen au commerce Pascal Lamy (grand défenseur du "OUI" au projet
de Constitution européenne) , les importations de textiles ont fait, par
exemple, un bond en volume de 5674% pour les chaussettes et de 901% pour les
pantalons en janvier et février 2005, par rapport aux mêmes mois de 2004 .
Ce
n'est pas mieux aux Etats- Unis: sur la même période, plus 1250% pour les
chemises, + 1500 % pour les pantalons.
Et ce n'est qu'un début car les
Chinois cassent les prix ( ils sont 90 millions à vivre du textile).
D'après
la Fédération textile européenne, Euratex, l'Europe devrait perdre un million
d'emplois d'ici fin 2006 ... plus de 1300 par jour. et les Etats- Unis perdent
1,3% par mois de leurs 665000 emplois dans le textile.
Evidemment nous leurs
vendons des Airbus... ne les auraient-ils pas de toute faà§on achetés
?
Bien sur, pour être tout à fait honnêtes, nous nous protégeons: du
moins nous pouvons le faire et limiter, mais seulement jusqu'en 2008, la
croissance des importations à 7,5% par an.
C'est ici qu'intervient
l'impossible choix de nos trois personnalités (consommateur, salarié, citoyen
)Les choix de consommateur
Les choix (valeurs) de salarié
Les
valeurs de citoyen
Lorsque le consommateur recherche le prix le plus
faible pour n'importe quel achat, il pense qu'il profite du système et de la
concurrence..
Lorsque le salarié voit son salaire diminuer (car c'est le
levier principal permettant de réduire un prix de revient), il pense au
contraire que la concurrence est néfaste, mais ce n'est pas pour cela que
lorsqu'il se retrouvera dans la "personnalité consommateur" qu'il va pour autant
changer ses choix.
Sa troisième personnalité, celle de citoyen, doit se
trouver bien ennuyée, car elle sait que le choix consommateur est
fondamentalement néfaste pour l'avenir de la société mais aussi son propre
avenir puisqu'il "tire" tous ses revenus, mais aussi ceux de tous les
travailleurs, vers le bas.
Il est probable qu'inconsciemment soit tenu le
raisonnement suivant: " bien sur en achetant à bas prix je justifie les bas
salaires et j'échapperais peut être, de même que j'échapperais peut être à la
délocalisation, ultime "technique" pour faire descendre les prix de revient qui
vont me permettre à moi consommateur de payer moins cher. Mais aussi j'augmente
le chà´mage dans mon pays par la même occasion... tant pis, moi je m'en sortirai
sans doute..." on peut aussi penser qu'il pense " bien sur en achetant à bas
prix je justifie les bas salaires, y compris les miens, ceux de mes enfants, de
mes amis et de mes concitoyens, mais de toute faà§on, ce qui importe ce n'est pas
tellement le montant du salaire, mais sa "valeur relative", ce qu'il me permet
d'acquérir, ce qu'on nomme "pouvoir d'achat"
La seule solution pour
sortir de ces dilemmes, c'est que l'individu accepte qu'un "individu supérieur",
je veux parler de la collectivité qui agira par l'intermédiaire de lois et
règlements, agisse pour le "bien commun" en imposant une régulation à la
dérégulation.
Et c'est donc aussi ici qu'il faut reconnaà®tre que le
projet de Constitution est néfaste, en mettant en concurrence des pays aux
niveaux de vie et de salaires aussi différents que sont les pays de la zone euro
(Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande,
Italie, Luxembourg, Pays- Bas, Portugal) et certains des pays nouveaux (parmi
les 10 que sont Chypre, Malte, Slovénie, Pologne, Hongrie, République Tchèque,
Estonie, Lettonie, Lituanie, Slovaquie , et bientà´t les 2 ou 3 en plus:
Bulgarie, Roumanie , et peut être la Turquie) .
Car, comme je l'écrivais
dans
un autre
article, Adam Smith, un des pères du libéralisme, recommandait des
protections douanières vis-à -vis des pays dont les règles du jeu n'étaient pas
les mêmes que les nà´tres: pourquoi les fonctionnaires de l'OMC et de Bruxelles
veulent-ils faire mieux ?
Il n'est pas question évidemment de fermer nos
frontières... mais de les ouvrir progressivement...
Editorial 6 - ZOA - 30 décembre 2004
Texte circulant sur le net, écrit par ZOA, responsable des
sites notremonde.org et alterdemocratie.org, envoyé aux associations, médias,
députés franà§ais et à la Présidence de la République franà§aise. Ce texte a fait
l'objet d'une émission radio "ici et maintenant" le 29 décembre
2004.
AU SECOURS ! NOUS NE COMPRENONS PLUS !
Nous, citoyens européens,
américains, africains, australiens et asiatiques vivons dans un monde que nous
ne comprenons plus. Nous sommes en 2005, l'aube du 21ème siècle chrétien, et
tout ce que nous vivons ou voyons nous fait peur. Il existe de multiples formes
de vie sur notre planète, animales, végétales, humaines, mais toutes semblent en
danger, toutes semblent soumises à une évolution inéluctable qui ne favorisera
pas leur pérennité.
Le constat sur l'état actuel de notre planète est
horrible, inimaginable, inadmissible. Sans même évoquer le traitement infligé
aux animaux et à la nature en général, il suffit simplement de se renseigner
pour s'apercevoir que les trois quarts de la population vivent dans des
conditions précaires, n'ont pas de nourriture ou simplement de l'eau potable. En
2004, un milliard d'enfants n'a pas accès au minimum vital et une cinquantaine
de pays est considérée comme plus pauvre qu'en 1990 ! Le quart restant pollue le
sol, le sous-sol et l'atmosphère, rendant impossible une amélioration future de
l'ensemble de la population. Dans ce quart restant, nous trouvons des régimes
politiques avancés qui sont sensés insuffler un modèle de vie où la liberté de
pensée et le confort matériel règneraient. Il n'en est rien, puisque même aux
Etats-Unis
? ou en
Europe la pauvreté augmente et nos enfants sont en danger (1 enfant sur 5 dans
le besoin aux Etats-Unis
?, 1 sur 6
en Europe). Pire, dans ces pays où les citoyens sont sensés être libres,
s'informer et revendiquer des droits, la désinformation, la censure et la
répression règnent en maà®tre.
Nous vivons sur une planète magnifique où,
malheureusement, une petite partie de la population, qui deviendra bientà´t
infime, consomme de plus en plus au détriment de milliards de personnes, au
détriment des terres, de l'atmosphère et de nos ressources naturelles dont nous
allons priver nos enfants et nos petits-enfants et qui, pourtant, seront
indispensables à leur survie. La machine productiviste s'est emballée au mépris
du plus élémentaire des respects, celui de la Vie. Nous ne comprenons plus
!
Alors que les avancées scientifiques de nos civilisations permettraient
aujourd'hui de nourrir 9 milliards d'individus et d'assurer un revenu minimum à
l'ensemble de la population mondiale, tant les besoins sont grands, les écarts
de richesse se creusent et les inégalités augmentent. Nous ne comprenons plus
!
Nous, citoyens du monde, avons combattu les régimes monarchiques et
leurs privilèges, les régimes autoritaires de l'Europe des 19ème et 20ème
siècles, ceux de l'Afrique, les régimes totalitaires de l'Est de l'Europe, ceux
de l'Amérique du Sud, les régimes fascistes des années 30, et nous ne vivons
toujours pas, au 21ème siècle, dans de véritables régimes démocratiques à
participation citoyenne directe. Nous ne comprenons plus !
Lorsque nous
lisons un journal, écoutons la radio ou regardons la télévision, nous sommes
tristes, bouleversés, horrifiés : attentats, conflits ethniques, guerres
économiques, guerres préventives, génocides, mines antipersonnelles, missiles
nucléaires, nouvelles armes (bactériologiques, chimiques, climatiques,
semi-nucléaires, à uranium appauvri), extermination de certains peuples, crimes
crapuleux, déchets radioactifs, catastrophes industrielles, réchauffement de la
planète, effet de serre, trou dans la couche d'ozone, fonte des glaces,
catastrophes naturelles qui s'intensifient, écosystèmes en danger, destruction
de nos forêts, pollution de nos océans, rejets plastiques, pesticides, dégazages
en mer, littoraux salis par le pétrole, nappes phréatiques souillées, baleines,
éléphants ou grands singes exterminés ou tués pour le commerce, disparition
définitive de milliers d'espèces, expérimentations animales cruelles, SIDA,
cancer, famines, épidémies, choléra et paludisme, médicaments génériques refusés
aux pays pauvres, maladies orphelines non traitées, malnutrition infantile,
prostitution, esclavage moderne, ghettos, SDF, personnes à˘gées délaissées,
retraités en danger, suicide des jeunes, drogues, chà´mage, délocalisation, mort
de l'artisanat, mal bouffe, OGM, faillite de grands pays comme l'Argentine,
concentration de la richesse, corruptions politiques, élections truquées,
justice à deux vitesses, journalistes emprisonnés, traà§abilité des êtres
humains, Patriot Act aux Etats-Unis
?,
prosélytisme religieux (à l'école, dans les cités, dans certains Etats),
censure, Hommes enfermés pour délit d'opinion, multiplication des sectes,
racisme, clonage de l'humain. Nous ne comprenons plus!
Nous, citoyens du
monde, affirmons haut et fort que nous ne voulons pas de ce monde rempli de
haine, de violence physique et morale, de discrimination, d'intolérance et de
soumission.
Ceux qui ont compris nous disent qu'un autre monde est
possible. Ils affirment que les peuples doivent réagir, inventer de nouvelles
formes de gouvernance politique et reprendre le pouvoir confisqué. Ils proposent
des moyens de mise en oeuvre de programmes basés sur un commerce équitable, une
économie saine et solidaire, un transfert des technologies, un partage des
richesses et assurent que tout ceci profiterait à l'ensemble de l'humanité, qui
pourrait s'enrichir et s'épanouir durablement. Alors pourquoi cacher,
discréditer, enfermer tous ces scientifiques, ces économistes, ces humanistes,
ces philosophes, ces hommes politiques en les traitant publiquement d'utopistes
ou de terroristes ? Nous ne comprenons plus !
Pour nous aider à
comprendre, certains nous disent : lisez ces deux livres, avant qu'ils ne soient
brà»lés : 1984 de George Orwell et Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley ! Mais
peut-être que nous ne voulons pas comprendre !
Par contre, la seule chose
que nous comprenons, c'est que l'on nous a menti. Nous savons maintenant que nos
gouvernants nous ont menti en nous faisant croire :
-que le meilleur moyen
pour enrayer la pauvreté et vivre durablement dans un monde libre et en paix
était l'économie de marché, mondialisée et libérale,
-que l'économie libérale
assurait la liberté des individus, la démocratie et respectait les droits de
l'Homme,
-que les peuples d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie vivaient dans
le besoin parce qu'ils ne s'étaient pas soumis aux lois de l'économie
occidentale.
Nous savons maintenant que nos gouvernants nous ont caché
:
-que toutes les conditions avaient été réunies pour soumettre, dans un
premier temps par la colonisation, puis par d'autres formes de dépendance, ces
mêmes peuples, c'est-à -dire les trois-quarts de la planète,
-que les
politiques des gouvernements des pays du Nord ne servent que l'intérêt de
quelques grandes familles, toujours plus riches, et non l'intérêt
général,
-que, depuis Bretton Woods et surtout les années 80, les hommes
politiques sont soumis aux décideurs économiques, qui influencent les
lois,
-que, de manière générale, le but de la mondialisation, de plus en plus
concentrationnaire, est le contrà´le de la totalité des êtres humains par une
oligarchie financière.
Nous, citoyens du monde, affirmons haut et fort
que nous ne voulons pas de ce monde rempli de haine, de violence physique et
morale, de discrimination, d'intolérance et de soumission.
Messieurs les
décideurs économiques, Messieurs les décideurs politiques, vous êtes quelques
centaines, nous sommes des milliards ! Bientà´t vous ne pourrez plus continuer à
ignorer, étouffer, broyer un nombre toujours croissant d'individus qui appellent
au secours et qui, un jour, sauront et réagiront. Ce jour-là , vos privilèges,
qui auront sali votre à˘me et qui resteront dans l'Histoire, deviendront une
honte insupportable. Pour vous ce sera la fin, mais vous pourrez toujours être
fier d'avoir réussi une chose : détruire ce qui est, et empêcher ce qui aurait
pu être. Alors, vos petits-enfants seront, à leur tour, des victimes, victimes
de vos folies.
Messieurs les décideurs politiques, Messieurs les
décideurs économiques, vos politiques biocides irresponsables détruisent les
écosystèmes et les relations humaines, elles ne respectent pas la Vie, elles
vont jusqu'à mettre en péril la survie de notre espèce. Chaque vie est
précieuse, la mienne et celle de mes enfants, la và´tre et celle de vos enfants.
Prenez vos responsabilités d'élus, remettez en cause vos choix, changez la donne
! Rien n'est impossible à l'Homme. Soyez les premiers véritables démocrates
modernes sur qui les puissants de demain prendront exemple ! Soyez courageux,
soyez grands, levez-vous et faites l'Histoire ! Pour vous, pour nous, pour vos
enfants, pour l'humanité et pour les générations futures.
ZOA -
http://www.notremonde.org/ - ©
2005
Editorial 5 - brieuclef - 21
décembre 2004
Le 16 décembre 2004, entre 14 et 16 heures, heure de
Paris, AJH a participé à une émission radiodiffusée sur la radio FM "Ici et
Maintenant". Au cours des débats et échanges avec les auditeurs, il est apparu
que certains d'entre eux ne concevaient pas que l'Homme puisse vivre sans
publicité ni consommation, car il a besoin de rêver. Selon cet auditeur, nommé
Christophe, le désir de consommation provient du besoin de rêver, car posséder
l'objet de la publicité donne au consommateur l'espoir de posséder aussi un peu
de la gloire, de la force, ou de la beauté de l'acteur publicitaire. Devant cet
argument, certes fondé, je me pose la question suivante: qu'est-ce qui fait que
le consommateur rêve sur l'objet de la pub?
Ma réponse vient de loin, et
je partirai directement de la base du problème, pour arriver au rêve
consumériste. La base du problème en Occident est double: culturelle, et
structurelle. Du point de vue structurel, il y a la rareté artificielle de la
monnaie, qui contraint les entreprises à courtiser les possesseurs du capital
financier pour obtenir quelques miettes d'investissement. Pour y parvenir, elles
sont placées en situation de concurrence féroce, de lutte à mort pour la
dernière place. Le résultat, dà» initialement à l'exigence des actionnaires
d'avoir un rapport élevé, est que les entreprises entrent dans le cercle vicieux
de la productivité/compétitivité, aidées en cela par l'exigence ambiante de la
recherche de la "Croissance" pour la nation. Du fait que matière première,
énergie et robotique ont des coà»ts peu ou prou indépendants de la volonté de
l'entreprise, celle-ci agit naturellement sur le plus fort poste budgétaire en
son pouvoir: le salaire. Elle va donc, au choix et sans exclusive, opter pour la
compression de personnel et la délocalisation. Ce faisant, elle rejette hors du
monde de la production industrielle et de service une part de plus en plus
importante de la population.
Cette frange (qui aujourd'hui d'ailleurs,
plus que de franger notre société, en gagne aussi le coeur) de population au
chà´mage rencontre alors de plein fouet le problème cuturel, représenté par
l'opprobe pesant sur "ceux qui ne f... rien" en nos pays d'Occident,
traditionnellement portés à valoriser socialement le travail. Les chà´meurs,
outre de perdre une fraction importante de leur pouvoir d'achat, et donc de leur
qualité de vie, perdent tout espoir de se réaliser personnellement, à travers
l'action entreprise envers la société. Ils deviennent exclus de la participation
sociale en étant exclus de la production, et se retrouvent donc dans la
situation de "parasites", "d'inutiles", de "poids morts" pour le corps social.
Ce n'est pas une situation enviable, ni valorisante, pour l'individu de bonne
volonté que l'on jette ainsi comme un vieux Kleenex.
Dans le désarroi,
dans la détresse, l'individu rejeté va tenter de trouver un moyen de se
réaliser, et, observant ce que font ceux qui ont la chance de travailler, voient
que ces derniers consomment, car ils en ont les moyens. Arborer les signes
extérieurs d'un certain confort est donc l'expression d'une situation
valorisante, celle d'un salarié. Dès lors, poussé en cela par les sirènes
perpétuelles de la pub, l'exclus va chercher à consommer, en rêvant que la
possession lui apportera la satisfaction personnelle, la réalisation de sa vie.
Bien sà»r, c'est peine perdue, car aussi bien l'évolution rapide des marchés
(nouveaux modèles tous les quelques mois, voire semaines) que la nature profonde
de l'Homme (qui ne se satisfait pas d'une réalisation personnelles sans effort)
font que consommer n'aide pas à résoudre le malheur profond d'un être humain
rejeté par la société.
Pour cela, il serait de bonne politique que l'Etat
aidà˘t ces personnes à trouver les moyens de leur réalisation personnelle, en
leur offrant structures et organisations leur permettant d'exprimer leurs
compétences au service du bien commun. Il y a environ trois millions de chà´meurs
en France (peu importe le chiffre exact, c'est l'ordre de grandeur qui compte);
imaginez ce que serait notre pays si l'Etat pouvait donner à ces trois millions
d'actifs potentiels, qui pour la plupart ne demande que à§a, la possibilité de
devenir pour un tiers des aides sociaux (médecins, aides maternelles, aides
gériatriques, aides environnementaux, pompiers, infirmiers, enseignants, etc),
pour un second tiers des chercheurs dans tous les domaines (biologie, médecine,
physique, robotique, environnement, et tout le reste), et pour le derniers
tiers, des artistes de tous les arts (musique, cinéma, architecture, paysagisme,
peinture, etc). Quel beau pays serait alors le nà´tre!
Mais las! l'Etat
lui-même, devant payer dà®me à la finance, n'a plus les moyens d'une telle
politique. Tout juste peut-il concéder à quelques associations de quartier
l'usage d'un local miteux ou de maigres subventions. Partant, les chà´meurs, déjà
dévalorisés par le rejet de la production privée, ne peuvent trouver auprès de
l'Etat démissionaire l'espoir d'une réinsertion au service de la communauté.
Reste la pub et ses sirènes aguichantes, mais tellement vaines...
En
clair, il semble évident que tant que les Etats ne retrouveront pas le pouvoir
de diriger l'économie en faveur de la société, il sera illusoire de faire
baisser la consommation inutile et polluante, car aussi bien les entreprises qui
doivent vendre du nouveau pour perdurer, que les citoyens au chà´mage qui n'ont
d'autre espoir de se réaliser, forceront le système vers toujours plus de
production/consommation, au seul profit (financier) de quelques uns. Il nous
reste alors, à nous qui sommes conscient de ce problème, le devoir de changer
les règles du jeu, pour rendre aux chà´meurs actuels leur dignité au sein de la
société, et pour permettre de peut-être enfin stabiliser, puis faire décroà®tre,
une production industrielle envahissante, dégradante et
inutile.
brieuclef
Editorial 4 - A-J Holbecq - 23 novembre 2004
Lettre ouverte aux élus et à la population
Madame,
Monsieur,
" Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu'aux
immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même voyage –
et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l'iceberg approche et que le
bateau devrait dévier de son cap, l'orchestre continue de jouer, les passagers
de se distraire, et l'équipage de passer de groupe en groupe afin de rassurer
tout le monde " écrit Nicolas Hulot dans " Le syndrome du Titanic " ( Chez
Calman-Levy
? – ISBN
2-7021-3418-1)
Mais nous ne serons pas les seuls à sombrer ; combien de
milliards d'hommes ne pourront plus, avant la fin du siècle, survivre sur une
Terre dévastée ?.
Et vous ne pourrez pas dire à vos enfants ou à vos
petits-enfants que vous ne saviez pas … L'empreinte
écologique est une mesure de la pression qu'exerce l'homme sur la nature.
C'est un outil qui évalue la surface productive nécessaire à une population pour
répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d'absorption de
déchets (l''ensemble des coefficients qui sont pris en compte dans la
détermination de "l'empreinte écologique" sont détaillés sur
http://www.wwf.fr/empreinte_ecologique/). A l'échelle d'une
personne, l'empreinte écologique est une estimation de la superficie nécessaire
pour répondre à l'ensemble de vos besoins en ressources naturelles. L'empreinte
globale a grimpé de 80% entre 1961 et 1999 pour atteindre un niveau de 20%
supérieur à la capacité biologique de la Terre. Mais de fortes disparités
existent: si tous les humains vivaient comme la moyenne des étatsuniens, il nous
faudrait 5 Terres et 3 en vivant tous comme la moyenne des européens. Pour ne
pas dépasser cette empreinte il nous faudrait vivre comme la moyenne des chinois
ou des indiens. Alors, quelles solutions? Interdire à 3 milliards d'humains
l'accès aux normes de confort ou de consommation occidentales? Pour nous,
habitants des pays riches, diminuer par 3 ou 5 nos consommations ? Plus
globalement, orienter une diminution drastique de la population terrestre par
une grande campagne mondiale d'incitation assorties de garanties
sociales?
La majorité des élus, la majorité des hauts fonctionnaires et
la majorité des média ont refusé de prendre l'exacte mesure du problème qui
transparaà®t depuis maintenant plus de 30 ans (en 1972, suite à la demande du
Club de Rome une équipe de chercheurs du Massachussetts Institute of Technology
diffuse le rapport Meadows connu sous le nom de "Rapport du Club de Rome" . Les
conclusions des chercheurs sont simples : tant que le modèle global comporte
certaines boucles "positives", notamment la recherche de la croissance annuelle
de la production industrielle - ce qui est le projet de tout pays aujourd'hui -
, l'effondrement est inévitable avant 2100 quel que soit l'optimisme prévalant
sur les autres hypothèses.).
Nous vous reprochons, vous élus, de ne pas,
aujourd'hui, prendre les problèmes à bras le corps ! qu'attendons-nous ? qu'il
soit trop tard, que les problèmes ne puissent plus être traité qu'autrement que
par l'extermination des Âľ de la population, dernière solution possible pour la
survie de la Terre dans un système capitaliste?
Nous vous reprochons de
ne pas réagir, et de nous laisser engagés dans de multiples impasses: nous en
citerons quatre qui sont d'ailleurs interdépendantes!
L'impasse
énergétique : ( Voir les détails sur le site du polytechnicien
Jean-Marc
Jancovici, spécialiste des questions énergétiques :
http://www.manicore.com/)
La production de pétrole
culminera aux alentours de 2020, pour inexorablement décliner ensuite.
Avec
un taux de croissance de 2% par an (et on peut se poser la question de savoir si
la Chine et l'Inde, avec leurs plus de 2 milliards d'habitants qui eux aussi
souhaitent pouvoir se déplacer en automobile, avoir chaud l'hiver et frais
l'été, partir en vacances et manger de la viande, construire et consommer,
voudront bien se limiter à cette croissance) , c'est en 2050 que nous aurons
consommé toutes les réserves mondiales prouvées (800 Gtep) et vers 2100 que nous
aurons consommé toutes les réserves mondiales prouvées et supposées (4000
Gtep)
Ah, bien sur, on peut espérer la découverte d'une nouvelle source
d'énergie aussi pratique que le pétrole, et si possible sans émission de CO2 !
vous prenez le risque de ce pari ?
L'impasse climatique:
Jean-Marc Jancovici écrit "Si l'évolution climatique que nous
avons enclenchée devait aboutir à appauvrissement des écosystèmes,
à la disparition de ressources naturelles (sols cultivables, ressources
maritimes, etc), à des désertifications, à une division
par trois de la production agricole, à une recrudescence de phénomènes
extrêmes, à des migrations, voire à des guerres, il
est évident qu'il y aurait des répercussions sur la santé,
et que l'espérance de vie baisserait [./] A cause de la très
grande inertie de certaines des composantes de la machine climatique, l'évolution
que nous avons mise en route aura donc des conséquences pendant quelques
milliers d'années, quoi que nous fassions désormais…./]
Toutefois il est encore entre nos mains d'avoir une évolution forte
ou faible, un changement d'ère climatique ou peut-être une
simple modification gérable de l'ère actuelle."
La prolongation des tendances concernant nos émissions de CO2 conduit
à une élévation de température moyenne de la
planète: le haut de la fourchette dépasse maintenant les 8
°C en un siècle. Personne ne sait prévoir les terribles conséquences
probables d'une telle élévation.
Et l'application du Protocole de Kyoto, s'il est un premier
pas positif, ne changera pas grand chose au problème: pour compenser nos
émissions de CO2 en excès, il faudrait boiser l'intégralité des terres
aujourd'hui cultivées dans le monde, un quart des terres émergées (c'est aussi
l'équivalent des forêts actuelles).
L'impasse alimentaire:"Si
nous voulons pouvoir nourrir 6 milliards d'êtres humains sans détruire la
planète qui nous héberge, il nous est impossible de poursuivre dans la voie de
l'agriculture productiviste telle qu'elle est pratiquée depuis un quart de
siècle sous la gouverne des industries alimentaires.
Car ce mode de production est aujourd'hui en partie responsable de l'érosion
des sols, des changements climatiques, de la dégradation de la qualité
de l'air et de l'eau, de la disparition de milliers d'espèces de
plantes et d'animaux sauvages et domestiques. Dans nos assiettes, notre
alimentation, polluée par des pesticides et des engrais, compromet
l'avenir de nos enfants et affecte notre santé ( 76 produits toxiques
dans le sang des parlementaires européens ! ) . Trente-cinq mille
exploitations agricoles disparaissent encore chaque année en France,
soit une toutes les quinze minutes. Au-delà de nos frontières,
les lois du marché basées sur ce modèle d'agriculture
ont aussi contraint des millions de gens à abandonner leurs cultures
vivrières au profit des cultures occidentales affamant davantage
des populations déjà démunies" résume en quatrième
de couverture de "l'impasse alimentaire ?" le Comité de veille écologique
et Karine Lou Matignon ( "L'impasse alimentaire" Fayard “ ISBN: 2-213-62084-9)
. Il est inutile de citer ici tous les chiffres et toutes les pollutions
citées dans ce livre, mais il y a quand même un chiffre à
retenir: les 27 milliards d'euros distribués aux grandes exploitations
par l'Europe, lesquels proviennent évidemment de vos impôts,
correspondent exactement au total des achats de pesticides et d'engraisâ
! . simple transfert de subvention!
Rappelons qu'il ne reste plus que
10% des grands poissons dans l'Atlantique Nord, par rapport au début du siècle
dernier.
L'impasse monétaire: . C'est à notre avis le nĹ“ud gordien
qu'il faudrait couper, c'est cette impasse qui est la cause de toutes les autres
impasses.
Le principe fondamental sur lequel repose notre système monétaire,
est que la monnaie est générée uniquement par l'endettement
et non pas, comme elle le devrait, par la production des richesses. En avril
2004, la dette de l'Etat est de 998 Md€‚¬ (le seul paiement des intérêts
de cette dette de l'Etat - sans même parler de rembourser une partie
du capital - est le 2è poste budgétaire, avec plus de 10%
des dépenses), la dette des entreprises de 1114 Md€‚¬, la dette
des particuliers de 612 Md€‚¬, et le total est donc de 2724 Md€‚¬.
A la même date, l'épargne représentait 737 Md€‚¬.
La différence est de 1987 Md€‚¬ . Il est facile de conclure
que l'endettement collectif est moralement injustifié et mathématiquement
impossible à résorber: en effet, pour rembourser, c'est-à -dire
alléger la dette, il faut disposer de monnaie elle-même obtenue
par un endettement. L'opération serait neutre s'il ne fallait verser
des intérêts qui au final alourdissent la dette, mais du fait
de l'intérêt, dont la monnaie n'est jamais émise en
même temps que le capital qui le génère, vouloir résorber
la dette par des économies est mathématiquement sans espoir.
Pourquoi le
gouvernement devrait-il payer un intérêt à un système bancaire privé pour
l'usage de sa propre monnaie, qu'il pourrait émettre lui-même, sans
intérêt?
La réponse - qui prouve bien l'énorme manipulation dont nous sommes
tous victimes - est dans l'article 104 du Traité de Maastrisch qui stipule " il
est interdit à la BCE et aux Banques Centrales des Etats membres d'accorder des
découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la
Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales,
aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publiques
des Etats membres...". Il sera bientà´t intégré, sans que personne ne s'y oppose,
dans la future constitution européenne défendue par nos grands esprits de droite
comme de gauche. S'il est adopté, l'Europe deviendra le seul et unique pays au
monde et dans l'histoire où l'indépendance absolue d'une Banque Centrale aura
été constitutionnalisée. L'article vaut d'être cité : " Ni la BCE, ni un membre
quelconque de ses organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des
instructions des institutions, organes ou agences de l'Union, des gouvernements
des Etats-membres ou de tout autre organisme. Les institutions, organes ou
agences de l'UE ainsi que les gouvernements des Etats-membres s'engagent à
respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes
de décision de la BCE dans l'accomplissement de leur mission ".
Thomas Edison
écrivait déjà :
"Il est absurde de dire que notre pays peut émettre des
millions en obligations, et pas des millions en monnaie. Les deux sont des
promesses de payer, mais l'un engraisse les usuriers, et l'autre aiderait le
peuple. Si l'argent émis par le gouvernement n'était pas bon, alors, les
obligations ne seraient pas bonnes non plus. C'est une situation terrible
lorsque le gouvernement, pour augmenter la richesse nationale, doit s'endetter
et se soumettre à payer des intérêts ruineux."Les quatre impasses
citées ont un dénominateur commun : le système capitalisteCe système qui
permet le transfert permanent des richesses des plus pauvres vers les plus
riches, des emprunteurs vers ceux qui disposent des capacités préalables
d'épargne.
Le coupable, c'est ce système où l'obsession du "toujours plus" de
la consommation prime chaque fois sur le "toujours mieux" pour la société, ce
système où l'avoir prime sur l'être, ce système de l'accumulation et de la
"satisfaction" des envies et jouissances immédiates au détriment de la
génération qui nous suit directement et du futur de la Terre.
Et puisque
le dénominateur commun de ces impasse se trouve être le système capitaliste,
c'est celui ci qu'il faut changer. Ni avec des rustines de ci de là , ni par un
système marxiste ou communiste, mais par le sociétalisme, et son système
monétaire "l'écomonétarisme".
Il est encore temps de redresser la barre,
mais il faut faire vite. Oublier les prochaines échéances électorales et la
démagogie qu'elles imposent. Vous, les politiques, il va falloir prendre des
décisions qui ne seront pas souvent appréciées par vos électeurs. Vous, les
électeurs, vous, les citoyens, il va vous falloir voter courageusement pour les
voies nouvelles, malgré la remise en question profonde de toutes vos certitudes
en matière d'économie, malgré la crainte de l'inconnu que pourrait vous inspirer
une voix divergente dans le concert ultra-libéral.
Nous, les
sociétalistes (
http://www.societal.org/ ), nous accusons le système
ultra-libéral et capitaliste, ce système où la seule valeur est la consommation,
ce système où le toujours plus prime chaque fois sur le toujours mieux, ce
système où l'avoir prime sur l'être. Nous avons démontré qu'il n'est nul besoin
de capital pour produire, que la quantité de monnaie doit suivre la production
et être détruite lorsque la production est consommée, qu'il n'y a aucune raison
de l'épargner, mais que la production doit être détaxée en fonction de son effet
sociétal.
Les progrès de la mécanisation nous permettent aujourd'hui de
produire tout ce dont nous avons besoin.
Mais aujourd'hui, tout ce dont nous
avons besoin, ce n'est jamais assez … il nous faut en plus tout ce dont nous
n'avons pas besoin dans une spirale sans fin, et tant pis pour les ressources
non renouvelables, les conséquences du réchauffement et des gaz à effet de
serre, les pollutions des sols et des rivières, l'épuisement du pétrole, la
pauvreté absolue de plus d'un tiers de la population terrestre. Et pourtant,
comme dit le sage: "Le bonheur n'est pas dans la possession maladive de tout ce
qui existe. Le bonheur réside dans la jouissance paisible du
nécessaire".
Ce sont les marchandises (ou services) qui font la valeur de
la monnaie. En produisant toutes les marchandises, une Nation fait la valeur de
la monnaie; il revient donc - pour chaque Nation ou groupe de Nation - , à un
organisme public de créer la monnaie gratuite au nom de la
collectivité.
La seule application de ce dernier principe changerait
la face du monde
''Diffusez ce texte , faites le circuler, il faut que
chacun sache!
(Texte écrit par A-J Holbecq, économiste, auteur de "Un
regard citoyen sur l'économie", à‰ditions Yves Michel - ISBN:2 913492 11 8 et par
des membres du GRESSO" - Groupe de Recherches à‰conomiques pour un Système
SOciétal ).''
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